Présentation

Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 22:04
Ce soir, je me suis posé devant un de mes DVDs qui passe le plus souvent.
Je ne mets pas de résumé ou autre, car il ne décrit pas ce film, ce beau bordel, mot qui revient bien souvent dans ce film.
Comment de rencontres en rencontres, on se forge sa personalité et ses réflexions, ce qui fait qu'on devient un beau bordel à l'intérieur. Un mix de personnalités tellement différentes et qui se côtoient pour devenir ce que l'on est.

Xavier suit ses études on ne sait pas trop pourquoi, parce qu'il peut avoir une planque dans un ministère, le traditionnel piston familial. Il part un an pour apprendre l'espagnol, obligatoire pour le poste, vit en coloc avant quelques jeunes tous de nationalités différentes. Entre temps perds sa copine, revient en France, voit ses futurs collègues ( la 40aine ou 50aine ) et se voit à travers eux sur comment il va devenir en restant ici, et se sauve en courant. Il se mets à écrire un livre sur son histoire, ce qu'il a toujours voulu faire étant gosse, mais dont l'envie a été enterrée par des besoins matériels et plus terre à terre. L'écriture étant beaucoup plus aléatoire pour mener un bon train de vie et cette envie a été complètement oubliée 20ans plus tard. ( hmmm en fait c'est un ptit résumé ça ... mais plus concret que celui d'allociné )

Je m'y retrouve un peu. Mon cher père qui m'a soulé, et continue encore dès que je l'ai au téléphone ou pire en face à face quand on se voit tous les tremblements de terre, pour que je passe un concours administratif et devenir fonctionnaire. Devenir fonctionnaire est sensé être la voie royale pour une vie prospère sans souci, sans peur du lendemain, la sureté de l'emploi et j'en passe.

Concours que je n'ai jamais voulu faire et que je n'ai pas fait. A Metz, j'ai tout de même passé le concours pour entrer dans la Marine, concours pour être sous-of' que j'ai passé avec succès ( à ma grande surprise, il me restait de bons restes en physiques ) mais recallé à cause d'un tympan HS. Si je rentrais dans la Marine, pas de voyages et de missions sur l'eau pour moi. La motivation principale quoi ... J'aurais pu faire de la paperasse dans les bureaux ou animer les centres de recrutement ... Mouais ... La Marine était pour moi l'évasion, une chance d'arriver en Bretagne avec un boulot. Ben non, je n'y ai pas eu droit ... Puis j'aurais pu continuer la dynastie des marins du côté de ma mère, mon grand-père que j'ai pas assez connu et mon oncle.

Depuis j'ai fait un peu n'importe quoi comme boulot pour vivoter. Tous ces boulots qui font ce que je suis maintenant avec une certaine haine de ce qui nous fait fonctionner actuellement : l'économie ...

Je me verrais bien tout lâcher, mais j'aime mon petit confort, ma collection de dvds et mon home-ciné, mon PC défaillant et mon chat-boulet. Je pensais prendre un nouveau départ ici, deux ans après, je me rends compte que je suis toujours hanté par cette ville ( et son peuple ) et que ça m'atteint toujours. Mon bordel est fait de toutes ces rencontres, de tous ces boulots, de ces rares victoires et nombreuses défaites, dont je n'arrive toujours pas à tirer une leçon. Bien qu'écrire tout ça, permets une mini-analyse, je ne m'apperçois que je ne fais que tourner en rond. Sous un autre climat, j'ai troqué mes pneus neige pour des pneus pluie ( humour ) et rien n'a changé sinon la vue.

Sinon ... Il faut absolument voir ce film, on se rends bien compte du souk dans lequel chaque moins de 30ans est, il ne sait pas de quoi demain sera fait, toujours prêt à faire des découvertes mais rattrapé par son passé et finalement choisit une voie sinon sans issue, finalement hors du système. Encore faut-il trouver sa voie et tirer profit de tout ce bordel qui nous a fait voire même y trouver une logique pour mettre un point final et commencer une nouvelle histoire.

Par MyUnintended - Publié dans : Et moi, émois, et mois
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Commentaires

Ce film que j’ai vu et apprécié comme le suivant (moins pétillant) d’ailleurs est une bonne description du cheminement chaotique que l’on peut ressentir, notamment au moment de l’adolescence. En parallèle avec ta propre histoire, on ressent une nette envie d’échapper au poids des traditions familiales qui se manifestent souvent comme une sorte de libellé « De Père en fils » ; bref, une lourdeur d’us et coutumes du : « écoutes-moi ! J’ai les bons conseils pour ta vie... ». C’est parfois vrai, parfois moins vrai mais nos parents vivent, il est vrai, quelques fois leurs propres envies et frustrations passées à travers leur progéniture… « Tu seras un homme mon fils… ».

L’épicentre de tes/vos malaises semble passer par la case « autoritarisme » de ton paternel. Votre bras de fer prendra fin, le jour où tu lui auras prouvé une réussite majeure où tu seras parvenu à une joie de vivre mesurable (Construction d’une famille par exemple… ou sommet de l’Everest atteint…).

En phase avec ton époque et la célèbre formule « Rupture », tu as joint tes pensées/paroles ( ?) avec tes actes, ce qui se révèle difficile à assumer mais valorisant à long terme dans le vécu comme dans les perspectives proches. Il faut rester cependant optimiste. Ces deux années sont des années de semailles, la mécanique liée à la destinée devrait donc naturellement offrir ses dividendes assez tôt pourvu que ce ne soit pas très tard. La vie nous aime tout comme nous l’aimons, aussi, elle serait appropriée et juste d’offrir à son tour des hasards et coïncidences heureuses et bénéfiques.

Il faut savoir que le « beau bordel » organisé est pour les adolescents/adolescentes et jeunes hommes comme toi, la meilleure manière consciente-inconsciente de choquer les parents avec coup double, la manière assez efficace d’instaurer un espace vital minimum entre eux et leurs rejetons. Un « bordel » comme un nécessaire rempart… Le Souk (très bien organisé en fait) est faussement complexe, le plus jeune s’y faufilant mieux que ses aînés. Atout !? Ici, l’Auberge est Brestoise…

Manifestement, tu avais besoin de respirer, de te libérer d’entraves liées à l’enfance/adolescence et tu n’as fait que suivre tes instincts, rien d’autre. Bien entendu, dans ce genre de démarche, le doute finit par s’instaurer mais le doute est dans sa configuration simple, nécessaire et même sain. Le doute nous permet, en principe, de faire ultérieurement les bons choix, sinon, nous foncerions tête baissée dans pas mal d’illusions… (Voir portes de la ville en feu qui se sont révélées n’être qu’un rideau de fumée… (Expectative avant acte))

La liaison que tu exposes avec une carrière avortée au sein de la Marine se révèle importante dans la mesure où il semblerait que tu sois venu au plus près d’un port militaire pour mieux en faire le deuil. Ceci étant, il est possible que tu aies « besoin » d’une ville avec une ambiance « mer-marine-militaire », ce qui justifierait que tu aies placé ton ancre dans une telle ville. Je remarque que c’est plutôt faire preuve d’intelligence car c’est venir regarder en face ce que finalement, on ne fera jamais. Le deuil peut donc être fait. On rebondit mieux de ce qu’on a digéré.

Ce qui est ancré en toi, par contre, c’est un esprit aventureux, feu-follet même, mais de loin, je pense que ce réservoir à pulsions est assez bien maîtrisé, contenu sans être bridé. Structuré, c’est également une preuve de maturité qui peut séduire...

Le « cher/chair père » devra aussi définitivement comprendre tes différences, notamment et comme Xavier du film, ton côté artistique latent et en bonne voie de pousse. Sans se saouler réciproquement, il est possible d’introduire une dose de gentillesse dans vos relations, a priori régit pour l’instant, avec de multiples vents portants sur divers reproches. Un père, c’est comme un vieux cuir, il faut, avec l’âge, qu’il s’amollisse… C’est aussi dans son intérêt. Sommes toutes, tous ses messages et déclarations ont une raison d’être, parfois très liée à la sienne (angoisse(s)), parfois, elles sont générales, situationnistes ou humanistes… A apprécier.

En revanche, quoi de plus normal qu’un père qui se soucie pour ses enfants ? C’est une des missions de sa vie. Le problème d’un parent et je le suis également, c’est que nos enfants ont cette capacité à s’emparer de la modernité et de l’instrumentaliser à souhaits, ce qui est un point précis que les parents négligent régulièrement dans leurs synthèses finales. Ce qui fait dire aux uns et aux autres : « tu es inconscient… » et en retour : « tu ne comprends rien… ». Choc générationnel. Il vaut mieux choc que totale indifférence.

La haine contre l’économie de marché est une étape obligée avant sa définitive adoption. Quoi d’autre ? Un retrait spirituel dans une abbaye ? Un tour du monde en voilier ? Bohême attitude ? Tout n’est que choix. Par exemple, réussir, pour un artiste, à vivre de sa créativité est un luxe ici-bas. Mais, il faut satisfaire les besoins essentiels (manger-boire-dormir) avant de laisser libre-cours aux aspects créatifs de sa personnalité et de ce qui peut en découler.

Le vrai rebelle, c’est celui qui une fois parvenu au faîte remet tout en question en détruisant sciemment son œuvre comme par défi face au Système. Certains artistes peintres l’on fait. Un bon film ancien le relate bien, il est moins de ta génération mais peut-être le verras-tu : « L’Affaire Thomas Crown » avec Steeve mac Queen évidemment. Œuvre surannée mais la trame est bonne dans le contexte de l’époque et totalement transposable à celui d’aujourd’hui.

C’est quoi une défaite ? Finalement, peut être est-ce une vague qu’on laisse venir nous éclabousser alors qu’on avait le temps de se reculer un peu…

Moralité : on a toujours besoin de connaître la structure de ce qui est apte à nous menacer. Pas de grands alpinistes sans premières gamelles à 2 ans dans la neige… Faut-il en rire ? Et puis, si nous n’avions pas de revers, nous serions face aux autres plus qu’imbus de nous-mêmes et manifestement intolérants. C’est pour cela que nous sommes à même de comprendre les malheurs des autres.
Xavier a tracé son chemin mais le film nous prouve qu’une quête initiatique appartient à l’individu et non pleinement à l’héritage familial. Dans un premier temps du moins…

Ainsi vont les tribulations. Cela me rappelle ce jeu à la fête foraine lorsqu’il faut tirer sur une ficelle pour un hypothétique cadeau. En famille ou avec des amis, personne ne fera les mêmes choix et c’est heureux.

Le principal, c’est bien de participer à sa propre aventure, d’en témoigner et plus tard d’en faire profiter à desseins les autres.

Bonne journée,

Jem-Adir

Ps : j’ai moi aussi été refoulé de la Marine à 16 ans. La galère a de multiples formes…
Commentaire n°1 posté par Jem-Adir le 06/11/2009 à 14h51

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